L’académie de la fête

Pour une Grande Fête à Bécherel

La Compagnie L’Enracinée, curieuse, se propose d’aller voir ce qui fait commun pour un jour de fête à Bécherel.

Durant les quatre mois qui précèdent La Grande Fête, les artisans de l’Enracinée viendront s’immiscer dans les mécanismes sociaux de la ville de Bécherel et des villages environnants pour en interroger les enjeux.

Parce qu’il est aujourd’hui crucial de trouver les moyens d’exulter collectivement et que nous vivons l’époque la plus pudique qui soit dans nos rites d’interaction, l’équipe prendra position dans l’espace public.

Les événements à venir

Pas d'événement actuellement programmé.
La Roncette - Théâtre de Bécherel

L’académie de la fête au jour le jour

Des prés carrés

Des prés carrés

Tout au long de sa résidence, la compagnie L’Enracinée fera état de ses réflexions, au fur et à mesure des rencontres, provoquées ou spontanées… Ce...

De la bonne fête

De la bonne fête

Tout au long de sa résidence, la compagnie L'Enracinée fera état de ses réflexions, au fur et à mesure des rencontres, provoquées ou spontanées......

Qu’est-ce-qu’on fête à Bécherel, au juste…?

Une histoire de la représentation des corps et de la parole dans l’espace public

Sur le modèle des cercles d’études de Joffre Dumazedier, un outil qui renvoie à l’ambition de Condorcet qui pose « l’art de s’instruire soi-même » comme visée démocratique, festoyer dans les lieux de notre histoire.
Résister aux idées arrêtées, aux conservatismes et aux dominations des plus visibles.
Faire place au sensible et à l’imaginaire.
Diluer nos peurs du changement en regardant les cycles passés.
Retourner la surface de l’histoire pour aller puiser ressource dans des couches souterraines et nous en faire de nouvelles cultures, des biens communs.
Donner la parole aux lieux et aux habitants d’autour, ceux qui côtoient et vivent aujourd’hui les paysages et les monuments comme leurs chez-eux.
Inviter penseuse-eurs, artistes, danseuse-eurs et musicien-nes dans des lieux séculaires pour rendre visible une lecture nouvelle et collective du passé.
S’approprier.
Soigner les espaces, y poser des lumières.

Quand il s’agit de me projeter au printemps prochain à l’organisation d’un bal à Bécherel, un nombre de questions défilent et s’entassent sous les lampions.
Qui fera cette fête et pour qui sera-t-elle faite ? Qu’est-ce qui se fête à Bécherel et dans les environs pour qu’à la mi-juin nous nous disions : dansons ! Quelles danses se pratiquent dans cette localité d’Ille-et-Vilaine, maintenant et puis avant ? Quelle est la nature du sol sur laquelle il s’agira d’assembler nos pas et de célébrer l’ici ? Quelle histoire choisissons-nous de rythmer avec une retrouvaille en ripaille ?
Pour répondre à cela et pour faire les choses dans l’ordre, il s’agit bel et bien d’entamer une étude.

Pour envisager cette recherche, il me semble essentiel que les personnes concernées soient au cœur du matériau, proposants et acteurs, et enfin, que nous nous accompagnions de spécialistes, chercheurs ou festifs, historiens, rockeurs clubbeurs ou encore danseurs et festifs du petit matin, des contre et des pour la fête, des spécialistes du calendrier et d’autres de la podologie locale. Nous étudierons à plusieurs voix les besoins réels en apports et les questions que nous pourrons aborder en faisant se rencontrer nos points de vue respectifs. Simplement.

Il semblerait que cette question de la fête recouvre l’urgence de nous retrouver pour penser mais aussi pour dire, apparaître et exulter, au travers de nos voix et de nos corps, pour la nécessité de NOUS représenter dans l’espace public sous la forme d’un hommage plutôt que d’une bataille ou d’un oubli de soi.
Reste à trouver les désaccords suffisants pour que les arcs se tendent,
à gratter les allumettes que les feux s’artificent,
à surligner les phrases de travers
à soigner les boissons qu’elles se versent de joie
à sonner les rues qu’elles se fassent porte-voix
à rire à corps perdus
entre corps perdus se nouer
et jouer.”

Pauline Weidmann – novembre 2021

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Les formes de la recherche

enquête à bécherel

Enquêtes et retranscription à propos des lieux et des sujets de la fête

Une enquête se fera en porte-à-porte et auprès des personnes rencontrées dans l’espace public. L’équipe de l’Académie s’œuvrera à questionner les pratiques de la fête et l’action des corps lors de ces occasions.

Parler des fêtes et interroger les souvenirs des personnes donnera corps à une collection collective, les objets gardés dans les maisons comme les vestiges des moments forts, globes de mariage, mains en mousse de supporter, couronne de plumes ou nappes tachées de vin, seront les traces à décortiquer comme matière du récit.

enquête à bécherel

Le C(h)œur du bal

La Grande fête imaginée dans la deuxième moitié de juin se tiendra au cœur du village de Bécherel et conviera l’ensemble des personnes rencontrées.

Les paroles, points de vue sur la fête et l’identité des lieux, seront restituées durant une cérémonie d’ouverture, une performance vocale sous forme de charivari, chanté et scandé dans l’espace public.

Le reste du soir de fête sera fait des propositions d’habitants, d’une musique choisie pour la danse, de corps déjà racontés et de jeux de joutes autour des nourritures concoctées pour la fête.
Une bombance
de musiques hybrides
d’une ripaille simple et bonne
de jeux et de lumières pensés pour l’occasion.

Les jolis mardis midi au jardin communautaire

Assemblées des festifs

Deux week-ends donneront lieu à l’intervention de spécialistes de la fête dans des lieux symboliques du territoire, l’équipe de l’Académie organisera la rencontre entre les savoirs présents sur place, les initiatives existantes, les formes de la fête et le public.

Il s’agit de mobiliser le savoir en cercle, de s’y retrouver au chaud et de s’interroger sur l’usage des lieux, entre voisin·es, habitant·es et singuliers. L’équipe œuvrera à organiser des conversations en mouvement et au même niveau, dans les espaces ouverts du territoire.

académie de la fete

Recueil de textes

Afin de cultiver l’avenir des fêtes de Bécherel, nous publierons l’expérience sous les formes les plus adaptées et pour qu’elles soient accessibles.

Un recueil permettra de se référer aux observations et à la poésie de l’expression que nous aurons collectée. Nous n’omettrons pas de nommer les enjeux de lutte contre les courant du néolibéralisme qui éteignent de mieux en mieux les formes de communs et d’expressions des corps collectifs.

jardin communautaire

Film documentaire

Le réalisateur belge Tom Boccara, associé de l’Académie, viendra documenter la recherche et partager le cœur des échanges au travers d’un film dont la bande-son sera faite essentiellement de la parole des gens. La collecte et les retranscriptions feront matériaux à la dramaturgie du film. Le film suivra la problématique étudiée : comment et pourquoi faire la fête au Pays de Bécherel. L’équipe de chercheurs sera filmée dans le paysage et auprès de l’expérience, relatant des discours et des hypothèses exprimées.

Le film sera diffusé en amont du bal afin de cheminer avec et d’en construire les suites. La dernière séquence sera filmée lors de la fête et conclura le scénario pour donner corps à l’aventure dans son ensemble.

L’équipe de l’académie de la fête

Daphné Achermann

Formée au Centre National de Danse Contemporaine d’Angers entre 2011 et 2013 sous la direction d’Emmanuelle Huynh, Daphné Achermann collabore depuis avec des artistes venant d’horizons divers, tels que Alain Michard, Alice Gautier, Arsène Juteau, Solène Garnier, Juliette Zanon.

Après la création de deux pièces chorégraphiques, en 2013 et 2015, autour de l’image comme partition chorégraphique, elle co-écrit Moulax avec Solène Garnier, concert performatif alliant culture pop, science et féminisme et co-réalise le film Le Taureau avec Alice Gautier.

Passionnée de plantes médicinales et grande fan de dance floor, Daphné Achermann cherche à créer du lien entre botanique et mouvement, entre perception et simple envie de bouger sur du son, entre ses questionnements écologiques et sa nécessité de créer des poésies mouvementées dans la société actuelle. Ces questionnements se retrouvent dans les stages qu’elle donne depuis une dizaine d’années (stages d’histoire de la danse, d’improvisation, de Gros Mouvement, de Jardin dancing).

Parallèlement, Daphné étudie la phytothérapie en composant des tisanes et joue un quatre-mains de Schubert pour les spectacles sur bateau de la Cie La débâcle.

Tom Boccara

Tom Boccara est né le 22 février 1990 à Bruxelles. Parallèlement à une scolarité classique, il passe la majorité de son temps à l’Ecole de Cirque de Bruxelles où il développe une passion pour le clown, l’acrobatie et la jonglerie. A 18 ans il entre à l’IAD pour y entreprendre des études de réalisation. En 2013, Tom termine un Master en Cinéma de Fiction avec Houle sentimentale, un court-métrage onirico-burlesque qui tournera dans de nombreux festivals internationaux.

Parallèlement, Tom joue dans divers films dont Thermes de Banu Akseki et Ciao Bambino de Thibaut Wohlfahrt. Il travaille ensuite comme assistant-réalisateur, transmet son amour de l’observation et du gag lors de stages pour enfants, traverse la moitié des USA en Segway, est envoyé en Chine pour un échange avec la Beijing Film Academy, coréalise en 72h Mise à jour, un court métrage burocratico-burlesque, puis collabore avec diverses compagnies de Cirque et de Théâtre pour la réalisation de vidéos.

En 2015, Tom coréalise le court-métrage Zoufs pour lequel il reçoit une Mention spéciale du Jury au FIFF 2015. En 2016 il met en scène le spectacle À nos fantômes de la Cie Menteuses. Ce duo de corde aérienne est présenté pour la première fois en mars 2017 au festival de la Piste aux Espoirs et aux Halles de Schaerbeek. Parallèlement, il multiplie les collaborations artistiques et se dit qu’il y a plein de choses qu’il aimerait faire et qu’il ferait bien plein de choses qu’il aime bien faire bien !

Charlotte Cheveau

Charlotte Cheveau naît près de la Loire, un hiver 1991, entre Beauce et Sologne. C’est là qu’elle y éprouve ses premiers émois théâtraux et musicaux. Après des études littéraires et théâtrales, en passant par Paris et Montréal, elle finit par suivre à la Sorbonne un master en conception et organisation de Projets Culturels dans l’Espace Public.

Chemin faisant, elle rencontre l’équipée d’Animakt, fabrique vivante d’arts, de liens et de culture basée à Saulx-les-Chartreux dans l’Essonne. Elle travaille intensément pendant quatre années au développement de projets artistiques et sociaux et à l’administration. Elle continue à y coordonner un festival de spectacles vivants en lieux insolites et patrimoniaux.

Mue par son désir théâtral, elle suit de 2019 à 2021 le Cycle d’Orientation Professionnelle en art dramatique du Conservatoire à Rayonnement Régional de Tours. Elle y crée Baragouinages, une recherche autour du langage à partir d’un assemblage de matériaux dont des textes de Charles Pennequin et des bribes de discussions de Pierre Bourdieu, pour trois comédiennes. Elle poursuit actuellement cette recherche en mettant en scène une bouche.

Parallèlement, elle s’amuse avec un micro et un synthé et va marcher dans les montagnes le plus souvent possible.

Pauline Weidmann

Pauline Weidmann a d’abord fait des études de géographie et de sociologie adressées aux territoires. En passant par des structures d’éducation populaire, acteurs des campagnes (l’Afip et les Crefad) elle se forme et intègre des méthodes qui s’efforcent de faire percoler la langue depuis des récits de maintenant, des groupes, des gens. Elle intègre au départ la FAAAC (formation autogérée aux arts et à la création) et se met à l’organisation autogérée d’un cycle de laboratoires de pratiques d’écritures corporelles et poétiques. Elle commence alors à épaissir puis à transmettre des vocalités, la voix parlée chantée, pratique qu’elle manie comme une manière de dire.

En 2014-2015, elle porte avec les Egarnements un cycle exploratoire de 8 mois auprès de gens qu’elle choisit en coéquipe avec Johnny Seyx. Ils forment ensemble un groupe de 12 personnes pour chercher, entre étude du collectif, relation aux territoires et expériences esthétiques.

C’est en 2015 qu’elle monte l’Enracinée, une compagnie terreau où s’invitent des recherches collectives et individuelles ouvertes à la question du milieu, du lieu et des sociologies de terrain. Elle collabore avec des artisanats distincts et fabrique les cadres pour que se rencontrent les gens, invitant à chaque fois d’autres regards, d’autres vécus à se poser sur les lignes et à bouculer le point de départ.

Mathieu Harzo

Mathieu Harzo est sculpteur avant tout. Passionné d’histoire de l’art et d’architecture, il s’est formé à la taille de pierre puis à la sculpture avant de s’installer dans un village de Charente-Maritime, au pied de l’église romane Saint-Martin d’Arces.

Depuis cet atelier dans le bourg, il invente des formes sculptées en pierre, inspirées du monde fantastique médiéval et cherche dans la figure hybride à transcender la condition humaine.

Il rentre alors en contact avec Denis Tricot et commence à l’accompagner dans les créations de sculptures embrasées en 2012 pour les nuits romanes de Saint-Amant-de-Boixe (16). Cette collaboration se prolonge jusqu’à aujourd’hui avec de nombreux projets d’embrasement et de sculptures envahissantes en Allemagne, France, Belgique et Angleterre.

En parallèle, Mathieu rentre dans le collectif de l’Enracinée et poursuit son travail de recherche artistique en croisant son regard de sculpteur à ceux d’autres pra-tiques artistiques du collectif (chant, danse, théâtre, poésie etc.).

La sculpture en pierre monumentale est son terrain privilégié et il réalise de grandes pièces pour des symposiums et aménagements publics.

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