De la bonne fête

16 Mar 2022

Tout au long de sa résidence, la compagnie L’Enracinée fera état de ses réflexions, au fur et à mesure des rencontres, provoquées ou spontanées…


Puisque nous arrivions d’ailleurs, avec tout le temps et l’attention portée sur les dires
puisque dans cette urgence, de nous exister toutes et enfin, avant la fin du monde,
et bien durant les 5 jours où à trois, nous faisions des dessins impossibles sur la carte du pays, entre pas de portes, boutiques et personnes à entendre absolument, nous avons fort entendu.
Entendu ce qu’était, ce que devrait, ce qui sera une Bonne Fête. sous-entendu qu’il y ait de mauvaises fêtes où l’ennui ce fameux, s’inviterait à la table, sur la piste ou dans les jeux. Il s’est agi d’entendre, d’inventorier et de composer des inimitiés, des enjeux et des nostalgies. Puisque la fête est bien le lieu de la représentation, chacun a besoin d’y être et bien, nous l’entendons et patientes, regardons les corps se mouvoir.

Des bringues sans but, des bals sans flûtes, des moumoutes et des paillettes

Il était un tas de fêtes qui laisse aux regards des sourires merveilleux. Celle de la mi-janvier qui faisait courir sur l’ensemble de cette grande rue de la libération, des stands et des jeux. Le carnaval où tous se souviennent de la tenue qu’ils avaient empruntée, le feu de la Saint Jean et puis cette Troménie processionnaire, chantée dans les haut-parleurs. Il y a eu tous les bals dans la salle des fêtes disparue, il y a eu la première fête du livre et puis toutes celles qui ont suivies, il y a eu les salles combles pour le théâtre amateur, la grande fête du nouveau théâtre et puis les fêtes chez les uns et les autres, des anniversaires où l’on se prépare pendant trois jours pour la surprise, des fêtes de noces, des fêtes de deuil, des fêtes pour suspendre tout et n’importe quoi plutôt qu’une crémaillère, des fêtes qui nous dégringolent le programme quand il ne s’agissait que de boire un verre, des fêtes où on se demande si on a bien fait d’amener les enfants, et puis les hommages, des réceptions en l’honneur de celle ou celui là, les fêtes que l’on apprend par textos avec des indications mystérieuses et qui promettent, qu’au milieu de la nuit quelque part, se dressera le mur de sons qui nous portera l’exutoire par les os. Des bringues sans but, des bals sans flûtes, des moumoutes et des paillettes, des festivals qui transforment les villes, des Apérozik qui décoiffent tout juillet, des fêtes dans le garage autour des instruments, des repas de fin de chasse, et des vies de fêtes.

Entendu qu’une bonne fête,
c’est une fête qui fait du lien
c’est de s’oublier un peu,
c’est de réunir ses proches,
c’est d’aller vers l’inconnu
c’est danser toute la nuit
c’est bien organisé
c’est l’occasion de se soigner
c’est rouge et blanc
ou alors en dorures,
c’est grand
c’est avec tout le monde
c’est s’asseoir à côté
c’est la préparer
c’est pour les enfants aussi
c’est galette saucisse…
comme des positions fermes…

” Nous nourrissons de réjouissances”

“Or la fête elle-même est indéfinissable. Les tentatives d’en comprendre le sens ou les origines aboutissent toujours à une impasse théorique. L’expérience est au-delà de toute définition et dès lors que l’on essaie de l’enfermer dans un cadre, elle s’en échappe.” disait notre ami Arthur Amard qui nous rejoindra en avril dans une recherche qu’il a fait sur le théâtre et la fête.

Notre petite équipe académique s’est donc tenue à ne pas donner de réponse mais partout à poser les questions, analysant les corps, les postures et les enjeux de chacun-es à parler de ces endroits d’existence forte.
Il est bien entendu de saisir que dans chaque organisation réside la mise en scène des sensibles, l’imaginaire singulier de toutes un chacun-es et qu’il ne s’agit surtout pas de rater pour ce que nous sommes devenues, d’ordonnées par l’histoire.
Nous comprenons que notre venue est aussi attendue pour permettre aux fêtes de prendre l’air, expertes nous serions, portant apportant les formes et les couverts, l’imaginaire et le beau monde.

Patientes, nous comprenons, nous répondons de cet accueil généreux et tout tendu vers l’idée, d’une Bonne fête. Nous nourrissons de réjouissances, nous ouvrons les petites scènes des chaises à table, de coins de comptoir, de bouts de ruelles, pour entamer cette recherche qui, entre les Ripailles et les hommages, se penche sur l’existence, de toutes et de chacun-es, dans l’espace public.

Daphné Achermann, Pauline Weidmann, Charlotte Cheveau

questions de bonne fête

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